Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les mutantes de l’URSS.

L’envie de posséder son propre véhicule associé à la pénurie de voitures neuves et des pièces détachées pour les entretenir a parfois engendré des résultats surprenants. Des revues comme « Za Roulem » ou « Modelist-Konstruktor » ont souvent publié des articles parlant de ces samodelkas. Il n’était donc pas rare de croiser sur les routes d’URSS des coupés sportifs, des SUV et même des véhicules amphibies !

Le plus souvent on utilisait des pièces provenant de voitures de série récupérées parfois plus au moins légalement auprès de bases de réparation automobile, de compagnies de taxis ou le plus souvent dans des casses. L’aspect extérieur de ces voitures dépendait grandement du talent de leur concepteur. Certaines étaient plus que maladroites, d’autres particulièrement réussies comme la « Iouna » ou la futuriste « Pangolina ».

Outre ces samodelkas desquelles il était difficile de reconnaître la base (quand il y en avait une), l’URSS a vu apparaître sur ses routes des hybrides, de véritables mutantes dont la voiture d’origine pouvait, en revanche, être facilement reconnue.

On peut encore aujourd’hui les voir, le plus souvent dans des cimetières automobiles, comme cette « Moskvitch » qui ressemble de loin à un modèle 407 (une 402 ou une 403, puisqu’il est impossible de savoir exactement). La voiture avait-elle été accidentée ? Son propriétaire avait-il tout simplement accès aux pièces détachées de divers modèles ? La réponse n’a plus guère d’importance. Les ailes et le capot de 408 sont associés à des portières et un toit de 407, la face avant est ornée d’une calandre d’IZH et certaines pièces sont faites maison. Cette hybride attire l’œil. Il y a en elle une certaine beauté dans la laideur. L’arrière ne frappe pas autant. Pourtant en comparant avec une « vraie » Moskvitch on voit bien la différence. A gauche l’hybride et à droite la vraie « Moskvitch-407 ». La forme du couvercle de coffre et la distance avec la lunette arrière sont suffisamment explicites.

Voici une autre mutante. De loin, elle ressemble à une ZAZ-965 habituelle. La couleur bleu clair est même assez typique. Mais en vous rapprochant, vous verrez que la voiture est assez étrange. C’est bien une Zaporojets mais les proportions sont pour le moins inhabituelles. Son postérieur est encore plus rebondi et rappelle les tournures de la fin du 19ème siècle. On remarque aussi le petits feux ronds à la place de l’élément vertical habituel. A l’avant, la voiture évolue peu : l’idée de l’intégration des phares antibrouillards semble bonne mais la fausse calandre est moins heureuse. Voyez les photos avec une voiture quasi d’origine pour comparer.

Pour terminer, voici une autre Zaporojets, un modèle 968. La carrosserie est transformée en hatchback et perd ses fameuses prises d’air en forme d’oreilles. Même dans son état actuel, la voiture parait très harmonieuse sauf ses feux arrière qui auraient pu rester d’origine et que l’on a remplacé par ceux d’une Jigouli.

Le thème des samodelkas, des hybrides ou des mutantes est loin d’être épuisé.

Lu sur : http://auto-daily.livejournal.com/349287.html
Adaptation VG

Tag(s) : #Ambiance, #URSS, #Samodelka