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En quoi le Père Noël a-t'il fait ses livraisons le 25 décembre ?
Question difficile. Il lui fallait trouver un véhicule spacieux permettant d'aller de maisons en maisons sans trop consommer en ces temps de crise. Un moteur diesel s'imposait donc ! Et puis comme les routes de Russie ne sont pas toujours praticables, surtout en hiver, il fallait quatre roues motrices, si possible permanentes et non pas enclenchables. Et pour ne pas plier sous le poids des cadeaux, il fallait autre chose qu'un SUV moderne : un classique châssis et de robustes ponts semblaient indispensables. Il fallait aussi penser au confort du Père Noël qui, si ces premières conditions ne suffisaient pas, posaient également les siennes. "Je voudrais un véhicule russe que je puisse réparer facilement en cas de panne, avec des pièces de rechanges faciles à trouver et bon marché !". D'ailleurs, depuis quand le Père Noël écrit des lettres au Père Noël ?
Pour trouver le véhicule adapté, il fallu lister les différents véhicules que le Père Noël utilise de temps en temps. En premier lieu les skis ! Un moyen de transport adapté pour des livraisons sur quelques kilomètres mais finalement difficile à gérer avec un long manteau et une hotte remplie de cadeaux dans le dos. Et la motoneige ? A première vue séduisant car il peut passer partout dans la neige, permet de transporter les lutins et dispose même d'un petit coffre pour les cadeaux... Mais que faire s'il n'y pas de neige ? Chez nous elle ne tombe parfois qu'à partir de janvier et sur le bitume une motoneige ça ne vaut rien ! Le traineau alors ? Les chiens c'est bien... Ils ne craignent ni la neige, ni la pluie... Il suffit de s'avoir parler "chien" pour démarrer. Le problème c'est quand on croise un chat sur le parcours... Là, il y a un risque pour les cadeaux. Mais pour le traineau il y a aussi les rennes ! Très utilisés en Suède ou en Finlande, une poignée d'herbe suffit pour qu'ils démarrent. Mais là aussi l'autonomie reste limitée. Et les chevaux ? Pourquoi ne pas utiliser une troïka russe sans doute plus adaptée dans notre pays que les rennes mais pas forcément plus facile à diriger : il faut savoir les mener le chevaux ! Après cela qu'est-ce qu'il reste ? La fusée ? Non soyons sérieux... Si on réunit toutes les qualités de ces divers modes de transport en un seul, on obtient un fourgon tout-terrain...
Pas un UAZ, où le Père Noël se sentirait à l'étroit et au volant duquel il ne pourrait de toute façon pas s'installer avec son manteau en zibeline. Et le Patriot a un coffre trop petit pour accueillir tous les cadeaux... Alors un GAZ ? Oui un GAZ-27527 Sobol : moteur diesel, quatre roues motrices, fabrication russe. Tout de rouge vêtu voici le véhicule idéal pour le Père Noël, et le tout pour 637,000 roubles !
Ce modèle existait déjà dans la gamme auparavant, mais désormais il reçoit un certain nombre de pièces d'importation : du moteur à la boîte, en passant par le servofrein à dépression et le système d'échappement. Toutes les défauts que les utilisateurs du Sobol énuméraient en racontant des histoires incroyables ont été revus. La soudure et la peinture de la caisse ont été également l'objet de toutes les attentions.
Nous avons retrouvé le Père Noël au sommet du mont Elbrouz. 3100 mètres d'altitude que nous avons atteint sans mal avec les pneus d'origine. Si le Sobol peut aller jusque là, il pourra se rendre partout !
Son diesel Cummins ne développe que 120ch mais ils ont suffit à nous faire grimper la montagne. Après 300 mètres de route, nous avons bloqué le verrouillage central et la gamme de vitesses courtes et emprunté un sentier, où seules les chèvres osent s'aventurer. Malgré un rayon de braquage de 6 mètres, nous n'avons jamais eu à nous plaindre et n'avons pas eu à manœuvrer deux ou trois fois pour passer un virage comme cela peut arriver avec d'autres véhicules tout-terrain. La garde au sol de 205mm permet d'éviter la majorité des cailloux qui parsèment le sentier. Plus on monte et plus il fait froid. Il est temps de mettre le chauffage. Les commandes rappellent ce qu'on trouve dans des voitures étrangères. D'ailleurs le tableau de bord est entièrement nouveau.
Cela fait dix minutes que nous grimpons dans la montagne, le moteur se fait à peine entendre et nul n'est besoin de hausser la voix pour discuter. Dans la cabine, la vue est saisissante. On se croirait au cinéma. Parfois, il faut prendre un peu d'élan : les pneus d'origine sont parfois un peu juste. Mais pas de quoi arrêter le Sobol sur la route du Père Noël, que l'on aperçoit maintenant agiter sa crosse au sommet.
Plus tard il nous avouera qu'il n'avait aucun doute et que nous réussirions notre ascension. La route qui mène Piatigorsk au contreforts du mont Elbrouz, plus la montée, fait 260km. Nous avons consommé moins de 9 litres aux 100km. Pas mal pour un véhicule assez lourd ! Son réservoir de 100 litres promet ainsi une autonomie très intéressante !
Le Père Noël s'est installé au volant et après quelques mètres de formation, il a noté que sur la neige le Sobol se comporte comme sur des rails, que le monde entier se reflète dans les rétroviseurs et que les commandes peuvent êtres utilisées même avec des gants. Il a aussi aimé la couleur, le volume pour transporter les cadeaux et les portes gobelets qui permettent d'avoir une tasse de thé chaud à portée de main. Devant sa satisfaction, nous lui avons donc remis les clés et les papiers...
Maintenant vous savez comment le Père Noël a livré ses cadeaux le 25 décembre : un diesel à quatre roues motrices de fabrication russe !
Lu sur : https://www.zr.ru/content/articles/278214-sobol_gaz-27527_dla_deda_moroza/
Adaptation VG