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Si l’on compare avec les autres mois de crise, en avril, AvtoVAZ a doublé ses ventes. C’est sur cette note d’optimisme que les hauts-dirigeants de la compagnie ont dévoilé son « Business-Plan », le programme de développement d’AvtoVAZ jusqu’en 2020. A la différence des précédents plans stratégiques, ce programme soutenu par le gouvernement russe est beaucoup plus réaliste. Za Roulem a interviewé le président de la compagnie, Igor Komarov.

ZR : le programme de prime à la casse, un pas pour le retour à la rentabilité ?

IK : Sur les 26 premiers jours d’avril, nous avons vendu 43,700 Lada. Nous pensons qu’au mois d’avril nous vendrons près de 50,000 voitures. Il ne faut pas le cacher. C’est le programme de prime à la casse qui a provoqué le sursaut de nos ventes. Selon le Ministère de l’Industrie et du Commerce, au 26 avril, près de 80% des certificats délivrés pour obtenir la prime à la casse étaient liés à l’achat d’une Lada. Cette prime a représenté pour nous sur cette période 23,500 véhicules. Vous vous rappelez qu’avant sa mise en oeuvre, beaucoup doutait de l’efficacité de cette prime ? Mais nous avons pris le risque et augmenté notre programme de production malgré les faibles ventes de janvier et février avec 38,000 voitures prévues en mars... Aujourd’hui nous ne pouvons pas satisfaire immédiatement tous ceux qui veulent acheter une Lada en bénéficiant du programme de prime à la casse : nos capacités ne permettent pas de répondre à la demande, de même que celles de nos fournisseurs qui ont pourtant augmenté leur programme de fabrication et les capacités de transport... Aujourd’hui toutes les questions et problèmes liés à la prime à la casse sont sous contrôle et nous essayons d’en réduire au minimum les aspects négatifs. Dans tous les cas, AvtoVAZ considère que ce projet fédéral était extrêmement important.

Au cours des quatre prochains mois nous prévoyons d’assurer toutes les commandes, en premier lieu celles de  Klassika  puisque celles de Kalina, de Priora et (Niva) 4x4 ne pose aucun problème. De même nous allons assurer les commandes des vétérans de la Grande Guerre Patriotique : ils ne seront pas mis sur file d’attente pour obtenir leurs voitures. Les revendeurs ont reçu des instructions de notre part en ce sens.

ZR : Votre compagnie a-t-elle de l’avenir ?

IK : Le programme de développement d’AvtoVAZ a été rédigé dans le cadre d’une stratégie globale de développement de l’industrie automobile russe jusqu’en 2020. Le vice-président pour la stratégie Grigori Khvorostianov a porté une attention particulière sur la définition de la gamme et sur les phases de modernisation de la production.

Ainsi, la gamme d’AvtoVAZ en 2020 se composera de 9 modèles basés sur 4 plateformes : 2 berlines sedan, 2 berlines hatchback, 3 tout-terrain, un break et un utilitaire. Des voitures dans les segments de marché les plus populaires de Russie : les segments B et C dans une gamme de prix allant du « low-cost » (210 à 280 mille roubles) à la gamme moyenne (400 à 500 mille roubles).  Notre but est de maintenir notre part de marché en renouvelant la gamme actuelle. Le programme est découpé 3 phases.

La première phase (2010-2013) est  la « Survie et l’amélioration de la qualité pour conserver notre position dominante » en mettant sur le marché une voiture « low-cost » basée sur notre Lada Kalina (projet du segment B). Cette voiture remplacera la Klassika, la Samara et la Kalina. Dans le même temps nous prévoyons de mettre en production le premier modèle sur la plateforme B0, la RF90.

Durant la deuxième phase appelée « Expansion » (2014-2017), AvtoVAZ doit lancer 6 modèles. La mise en fabrication de la BM-Hatch et de sa version tout-terrain B-Cross (sur plateforme B0), le lancement d’un modèle de segment C dans le haut du segment « low-cost », le remplacement de la Lada Priora toujours sur plateforme B0, le renforcement de nos positions dans le segment des tous-terrains (SUV B/C) en lançant des modèles 4x4 et crossover dans le segment C.

En phase de « Maintien » (2018-2020), nous nous occuperons de la conception de nouveaux modèles qui seront lancés après 2020, et du restylage des modèles lancés durant les deux premières phases.

Nous prévoyons le renforcement du partenariat avec Renault avec la production demoteurs et de boîtes de vitesse. En outre, AvtoVAZ mènera des essais, fabriquera des prototypes et des pièces pour Renault. Du côté français cela consistera en de la formation de personnel et l’introduction de standards, de codes et de nomenclatures communes.

En ce qui concerne notre complexe de production, nous prévoyons de conserver dans un même périmètre toutes les activités : soudage, peinture et assemblage, emboutissage, assemblage des moteurs, des boîtes de vitesse et des composants de châssis (en collaboration avec Renault pour le renouvellement de la gamme), etc... Par soucis de rationalisation, une autre partie des activités sera sous-traitée tout en restant sous notre contrôle.

On prévoit en outre un développement important de l’activité pièces de rechange, car actuellement la mainmise d’AvtoVAZ sur ce marché est très faible comparativement aux autres grands constructeurs mondiaux. Dans ce secteur d’activité la compagnie a un fort potentiel de développement en augmentant la production et par la même les marges.

ZR : Comment AvtoVAZ va-t-elle stimuler la demande lors que la prime à la casse aura pris fin ?

IK : Nous somme en train d’étudier notre plan d’action pour la fin de la prime. Parmi les mesures envisagées, nous souhaitons stimuler les revendeurs en passant d’une marge fixe à une marge variable, changer les conditions de livraison des véhicules, travailler avec les banques pour développer le crédit et réduire les taux d’intérêt.

Notre campagne de publicité « Une différence ? Il y a une différence ! » va continuer et l’on va aussi lancer une programme de financement « Lada Finance – Lada à crédit » qui permettra d’acheter nos voitures à des conditions avantageuses.

ZR : AvtoVAZ va pouvoir augmentation sa production grâce aux aides fédérales. Mais les fournisseurs sont aussi dans une situation difficile, non ?

IK : Les problèmes des fournisseurs sont au centre de notre attention. Nous participons activement aux questions de l’assainissement de leurs dettes auprès des banques, de leur développement technique pour la fabrication des pièces répondant à nos standards qualité. Il faut rappeler que les sous-traitants ne peuvent bénéficier d’investissements que s’ils peuvent continuer à recevoir des commandes de notre part. Les volumes de production d’AvtoVAZ vont augmenter et cela provoque l’intérêt des compagnies étrangères. Notre but est que les grands noms étrangers de la sous-traitance soient intéressés à participer au développement du tissus actuel des fournisseurs d’AvtoVAZ. Et nous sommes particulièrement attentifs à ce que les sociétés étrangères qui viennent s’implanter chez nous travaillent avec nos fournisseurs et que cette collaboration soit fructueuse pour elles.

ZR : Le plan de développement prévoit de sérieux investissements en matière de personnel. Mais qu’entendez-vous par « développement du personnel » ?

IK : Quand nous avons élaboré notre « Business-Plan », nous avons compris quel rôle vont jouer les gens dans nos plans ambitieux. Il faut des qualifications, changer nos habitudes en matière de formation et de développement des cadres. Nous parlons d’une sérieuse réorganisation de la production. Nos objectifs ne pourront pas être atteints sans que les gens y soient préparés d’autant plus que c’est un aspect qui a été depuis longtemps mis de côté dans l’entreprise. Les principaux investissements en matière de développement du personnel seront faits durant les deux prochaines années : sans cela, il ne sera pas possible de moderniser la production.

Comme cela a déjà été annoncé, actuellement nos collaborateurs suivent des stages chez Renault en France, en Roumanie et à Moscou et l’on s’est déjà mis d’accord pour des stages dans les usines Nissan.

ZR : Le programme de développement propose de réduire les effectifs à 69,000 personnes. Comment prévoyez-vous d’atteindre ce chiffre ?

IK : Premièrement nous prévoyons de continuer notre programme qui nous permet d’optimiser les effectifs. En outre, avec le soutien du gouvernement russe, des emplois vont être créés à Togliatti, y compris dans une toute nouvelle zone franche. Certains de nos employés seront transférés dans nos filiales.

Lu sur : https://www.zr.ru/content/articles/236736-na_10_let_intervu_s_prezidentom_avtovaza/
Adaptation VG

Tag(s) : #VAZ, #Lada, #Economie, #Interview