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Assemblée pendant près de 30 ans, la « sept » vient de quitter la scène en transmettant à la Granta, le titre honorifique de voiture populaire. La nouvelle venue est-elle digne de justifier ce titre, et ce pour les 10 prochaines années ? Za Roulem a tenté de répondre à la question.

La VAZ-2107 a vu le jour en 1982. Durant longtemps, elle a été l’une des voitures les plus prestigieuses de l’URSS. Elle été vendue non seulement en Union Soviétique, mais aussi en Europe occidentale et dans les pays du Comecon. On connaissait ses qualités et ses défauts de Birmingham à La Havane, à Berlin, à Wroclaw et même à Da Nang. Mais celui qui la connaissait le mieux était le citoyen soviétique. Il réussissait à caser dans son coffre tout ce qui est utile à la maison : les choux, la machine à laver et même le canapé « Lénine est avec nous ».

Le 17 avril 2012, quand l’Usine Automobile d’Ijevsk a fabriqué la dernière « Semerka », nous avons tous levé un verre en son honneur. Car elle le méritait bien. Et le second toast a été pour sa remplaçante, la Granta, présentée pour la première fois au Salon de Moscou 2011. De janvier à avril 2012, cette dernière a été produite à 27,647 exemplaires, faisant tomber la 2107 dans l’oubli. Aujourd’hui, on a du mal à croire que lorsque le programme de prime à la casse a été lancé il y a deux ans, les ventes de « Classiques » ont atteint un pic de 17,000 exemplaires par mois ! Ce n’est que l’année dernière que la demande a commencé à baisser. La production de cette berline a été transférée chez « IZHAvto » qui en a fabriqué 42,500, y compris les 8,600 du premier trimestre de cette année.

Pour cet article, Za Roulem dispose de l’une des dernières « Semerka » produite. De couleur « poivre rouge », elle coûte 213,6 mille roubles. Son habitacle dégage une odeur mélange de sucré et de plastique. Il n’y a que les vrais passionnés de cette « presque Mercedes » (en russe KhBM – « Khot’ Byt Mercedesom ») à cause de sa calandre, qui pourront qualifier cette odeur de parfum. La position de conduite inconfortable, l’absence de direction assistée, les assemblages irréguliers de la carrosserie (les moules ont plus de 30 ans !), le dossier de banquette arrière fixe, le contrôle mensuel des rotules... On pourrait écrire un livre sur tous ses défauts. Mais l’habitacle accueille cinq personnes, le moteur est increvable, et le coffre carré contient 380 litres de bagages... Le tout pour un coût modeste. Seule option d’usine : un choix entre 15 couleurs, dont des métallisées. Et la possibilité de l’entretenir de l’Amérique Latine à l’Afrique du Nord.

La Granta fait ses premiers pas sur le marché et il est clair que la tâche est ardue. L’acheteur est maintenant pessimiste et méfiant d’autant plus que la voiture a déjà eu le droit à une campagne de rappel. Cette évolution de Kalina (plutôt qu’une voiture véritablement nouvelle) n’est pas si éloignée de la concurrence en terme de caractéristiques techniques et de performances. Elle est même bien placée : son moteur moderne développe 87 chevaux, elle a des feux de jour, la direction assistée, l’airbag, un habitacle transformable et un réservoir de carburant de 50 litres. L’une de ses plus grandes qualités est son coffre de près de 500 litres : même Poutine en a fait l’éloge.

On peut se moquer de la soit disant polyvalence de cette voiture, mais pour beaucoup de Russes, la Granta sera comme la « Semerka » : une voiture pour toutes les occasions de la vie. Comme cette dernière, la Granta peut être qualifiée de voiture populaire et accessible. Au prix de 239 mille roubles en version standard, la différence de prix avec son ancêtre à propulsion n’est que de seulement 24,500 roubles. La  version « Norma » qui représente l’essentiel des ventes coûte toutefois plus d’argent : 272,000 roubles. Mais pour ce prix, vous ne pourrez-vous offrir qu’une ou deux chinoises, la ZAZ Chance et la Nexia, plus très jeune. Vous comprendrez qu’à ce prix, la Lada Granta ne subit pas trop de remarques désobligeantes quant au dessin maladroit de sa partie arrière.

Il est très facile de s’installer à bord. La frontière qui séparait les voitures russes des voitures étrangères a totalement disparu. La population connait déjà les pédales d’accélérateur électroniques. On trouve de très bons rétroviseurs extérieurs. La garantie est de deux ans ou 60,000 km. Pour la « Semerka » c’était aussi deux ans, mais seulement 35,000 km. On peut faire un autre lien entre ces deux voitures du peuple : le nombre de teintes disponibles est identique.

Pour finir, il faut s’attendre à un miracle dans le futur proche : pour la première fois de son histoire, l’usine de Togliatti va produire un modèle à boîte automatique. Si la qualité des composants est au rendez-vous, le nombre de clients potentiels devrait être important.

Légende des photos :

  • Lada 2107, Lada Granta.
  • Les moteurs font la même cylindrée (1,6 litre), mais leur puissance est différente : 87 ch pour la Granta contre 72 pour la Classique.
  • C’est une des dernières chances pour avoir une Classique. Avec une couleur à la mode, qui soit dit en passant lui sied très bien.
  • Détail touchant : ce petit bout de scotch permet de ne pas rayer la peinture.
  • Un des exemples les plus visibles du progrès : la forme des rétroviseurs.
  • Entre ces deux voitures l’écart technologique est énorme. Mais en terme financier, il est dérisoire. La bleue ne coûte que 25 mille roubles de plus !
  • Le seul luxe de la 2107 était le compte-tour.
  • La Granta dispose d’un airbag, de la direction assitée et d’un tableau de bord moderne... Cela a de quoi étonner sur une voiture russe !
  • Si la 2107 avait disposé d’une banquette rabattable, elle aurait pu encore durer des années.
  • Il est plus facile de charger des patates dans le coffre de la Granta. En cela, elle est similaire à la plupart des voitures modernes.

Lu sur : https://www.zr.ru/content/articles/455878-lada_granta_vzamen_lada_2107/
Adaptation VG

Tag(s) : #VAZ, #Lada, #2107, #Granta, #Comparatif