Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Des anecdotes relatives aux voitures de l'Est, il m'en reste encore beaucoup, mais je vous les livrerai à l'occasion de l'un ou l'autre lien en rapport avec les voitures en question.

Il me reste encore à vous parler des Wartburg. Bien qu'elles figurassent à plusieurs reprise sur mes « shoping-lists », je n'en ai jamais acheté. Même le Barkas (en version minibus) m'a tenté à une époque où j'avais besoin de beaucoup de place, mais jamais je n'ai osé franchir le pas. On a beau être un peu fou, et amoureux du 2 temps, un mille de 50 ch pour tirer une camionnette, ça inquiétait quand même dans la 2ème moitié du 20ème siècle.

Je n'ai jamais eu la chance de conduire un Barkas, mais bien de l'essayer statiquement. Le plus surprenant, hormis la position de conduite à 100% typée camionnette (mais beaucoup de monospaces actuels n'offrent pas vraiment mieux), est l'implantation du levier de vitesses : articulé en arrière du siège conducteur, et revenant vers l'avant pour pouvoir être manipulé la main dirigée vers l'arrière (certains autocars présentent la même disposition du levier de vitesses). Le Barkas pouvait aussi sur demande être équipé d'un chauffage d'appoint fonctionnant à l'essence, comme sur une Zaz. L'espace disponible était littéralement gigantesque, tant pour les 8 passagers que pour leurs bagages.

Wartburg m'a toujours fasciné pour plusieurs raisons : ceux qui ont eu le courage de me lire intégralement se souviennent de la DKW Junior que mes parents ont eue pendant 10 ans. Cette voiture m'a donné de virus du 2 temps. DKW n'existait plus, Saab s'était converti au 4 temps (les traîtres ...), Wartburg restait le seul disponible en Belgique. Et hormis le moteur 2 temps, la Wartburg 353 était peut-être bien la plus moderne des voitures de l'Est, dans les années 70.

D' autre part, la région d'origine de la Wartburg m'a toujours fait rêver, et le protestant convaincu que je suis ne peut être insensible au passé historique d'Eisenach et de sa forteresse de la Wartburg et d'Erfurt sa voisine qui hébergèrent Martin Luther.

Les deux Wartburg que j'ai conduites possédaient la commande de vitesse au plancher. Pour l'usine, c'était une option, mais l'importateur Belge avait renoncé à vendre des versions possédant les vitesses au volant. La position de conduite idéale est impossible à obtenir, et dans tous les cas, vous serez assis très près du volant. En ville, vous constaterez vite que vu la lourdeur de la direction, ce n'est pas inutile.

Démarrer le moteur vous propulse dans un univers musical et vibratoire unique : le rythme saccadé d'un trois cylindre 2 temps. Le pédalier vous réserve encore une surprise : comme sur une Cox, l'embrayage et le frein sont articulés au plancher. Le mouvement de la cheville pour débrayer est assez déroutant lors de premiers Km. Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin : la commande de boîte. Je l'ai déjà dit, je n'ai aucune expérience de la commande au volant, mais ce type de commande n'a pas la réputation d'être hyper-précise. Sur la Wartburg, la commande au plancher est terrible d'imprécision. Vous aurez un mal fou à passer les vitesses sans faire mal à la boite qui répond par de sinistres craquement. Le vendeur m'expliquera alors qu'il faut aller chercher les vitesses « dans les coins », et effectivement, il y a une technique qui fonctionne en décomposant soigneusement les mouvement et en poussant le levier vers l'extérieur du mouvement de façon à aller chercher la vitesse dans les coins du H. Après quelques km d'expérience, l'habitude aidant, les vitesses passent presque normalement.

Le moteur 2 temps déteste les bas régimes, mais en échange raffole de tourner vite, et vous en récompense par un hurlement digne d'un groupe de heavy metal (j'aime beaucoup). Le comportement est aussi typé traction que celui d'une Skoda MB est typé propulsion, et la souplesse des suspensions permet de jouer avec le train arrière à coup de levers de pied brutaux en virage, voire de coups de freins. Une autre technique est moins conventionnelle : placez un objet petit et très lourd dans le coffre de votre Wartburg, et laissez le bouger librement au gré des virages. Dès que vous accélèrerez le rythme, les chocs de votre lest contre les contre-ailes fera décrocher l'arrière dans le bon sens.

Le confort est réellement un point fort de la voiture : beaucoup d'espace pour les passagers et les bagages, des sièges assez souples et d'excellentes suspensions. La bonne vitesse de croisière se situe entre 90 et 110km/h. Au dessus, le bruit devient vite fatiguant. N'oubliez jamais au volant d'une Wartburg que c'est un deux temps, et que donc il n'y a quasiment pas de frein moteur, lâcher les gaz ou même rétrograder ne vous ralentira que très relativement. La pédale de frein est indispensable.

Si vous en avez l'occasion n'hésitez pas à conduire une Wartburg. Vous erez une expérience à mon avis tout à fait unique (à moins de trouver une ancienne DKW) et inoubliable, mais faites gaffe, sous risquez d'en tomber amoureux.

Amicalement,
Alain

Pour les épisodes précédents :
http://www.sovietauto.fr/2004/11/temoignage-mes-voitures-de-l-est-1ere-partie.html
http://www.sovietauto.fr/2004/12/temoignage-mes-voitures-de-l-est-2eme-partie.html
http://www.sovietauto.fr/2004/12/temoignage-mes-voitures-de-l-est-3eme-partie.html
http://www.sovietauto.fr/2005/01/temoignage-mes-voitures-de-l-est-4eme-partie.html
http://www.sovietauto.fr/2005/01/temoignage-mes-voitures-de-l-est-5eme-partie.html
http://www.sovietauto.fr/2005/01/temoignage-mes-voitures-de-l-est-6eme-partie.html

Tag(s) : #Témoignage, #Alaingf, #Cycle